Le discours faux (ψευδὴς λόγος) est un thème central du Sophiste. L'Étranger d'Élée appelle faux un λόγος qui « dit de son objet autre chose que ce qui est » (λέγει ἕτερα τῶν ὄντων) : avec l'exemple « Théétète vole », il montre que l'énoncé garde le lien grammatical du nom (ὄνομα) et du verbe (ῥῆμα), mais attribue à son objet ce qui n'est pas en réalité (Soph. 263b, 263d).
Platon tire la possibilité du discours faux d'un non-être (μὴ ὄν) réinterprété : pour « dire ce qui n'est pas », il faut admettre que le non-être, en un sens, est (Soph. 260c). Le discours faux doit être distingué du faux en général (ψεῦδος) et de l'opinion fausse (ψευδὴς δόξα) — ce même discours faux achevé « dans l'âme » par une affirmation silencieuse (Soph. 264b) ; cf. le « vrai mensonge » (ἀληθῶς ψεῦδος), la tromperie dans l'âme même (Resp. II 382b).